Cassis

Le Castellet

  Dernier lieu de nos promenades d'automne via ce site : le Castellet. Je n'aime pas beaucoup cet endroit qui, en saison estivale, se transforme en centre commercial et artisanal à ciel ouvert, avec une foule nombreuse, où il semble que la production locale se soit spécialisée dans la génération de boutiques prêtes à plumer le touriste. De plus, c'est une place forte de structure médiévale, donc étroite. Pour un photographe amoureux de paysage, d'espace et légèrement claustrophobe, c'est l'horreur. C'est pourquoi j'aime la voir de loin, sur sa colline, perchée. Et, malgré ses silhouettte et authenticité, Le Castellet ne fait pas, à ma grande surprise - et peut-être à la vôtre -, partie des plus beaux villages de France. 

 En revanche, sur site, la vue sur les alentours, sur les cultures aux pieds de la place forte, sur la plaine qui fait communiquer Cassis avec Toulon, sur la Cadière d'Azur jumelle, sur la trouée de passage vers Bandol, sur la mer au loin, est tout à fait unique. Et puis, par de douces journées  d'hiver ou d'automne, on peut vraiment s'y promener paisiblement et également découvrir les pierres calcaires dorées si attachantes dans la construction provençale traditionnelle exclusive à ce vieux village. Même moi, avec le viseur du boîtier très souvent à l'oeil, je n'ai pas réussi à me cogner à un autre curieux ; alors, si l'envie vous en prend, un conseil : un passage sur place n'est pas simplement recommandable, il s'impose.

Le Castellet, automne 2014

Cassis, dernière moisson estivale

  Je vous livre le résultat d'un dernier tour de port en septembre 2014 : pour un photographe, l'appel des quais et de la lente danse des bateaux au mouillage est irresistible. D'autant que Cassis est riche en pointus colorés qui ajoutent leurs touches vivifiantes à celles des façades des immeubles : un vrai nuancier de fabricant de peintures grandeur nature, lesquelles s'adoucissent, mais sans disparaître pour autant, en reflets sur les eaux. Les capter est un aspect de mon travail qui, du reste, m'intéresse et me polarise de plus en plus.

 Ce qui y est fantastique aussi, c'est la concentration : autant de vues attirantes en un si petit espace, dont je peux faire la moisson en un peu moins de deux heures, voilà un atout précieux qu'offre Cassis au photographe pressé...à condition d'avoir pu facilement se rendre à pied d'oeuvre, ce qui, en voiture par exemple, est une autre paire de manches. En effet, Cassis est un concentré de village au fond d'un immense amphitéâtre, avec ses avantages, mais aussi, ses inconvénients. Il en est de même pour la fréquentation locale, Cassis est un lieu qui a beaucoup de succès, malgré son exigüité. Et comme le port est surtout exposé au soleil levant, le photographe a doublement intérêt à se mettre en branle tôt. Et puis, il y a le coup de chance : des points de vue dégagés ou achalandés, alors qu'ils se trouvaient soit bouchés, soit vides, année après année ; ainsi en est-il de celui sur la superbe barque Juliette bleu vif, que j'ai enfin eu l'occasion d'immortaliser à partir de la darse centrale de chantier naval, ou celui au bord des quais de sortie du port, pour laquelle il fallait beaucoup de passages de navires, et peu de piétons environnants. Et puis je me suis surpris moi-même en longue focale à faire cette photo qui, par l'écrasement classique de perspective avec ce type d'optique, donne un caractère de canal vénitien au bassin du port vu depuis son chenal d'accès.

  Bref, Cassis est un lieu de pélerinage régulier recommandé pour vos boîtiers photos, avec le photographe qui va bien derrière. Seul bémol au plaisir de la visite de ce lieu charmant, en raison d'un espace très réduit, l'absence de végétation et la minéralité prononcée du lieu me frappent au visionnage rapide de mes vues.

  Donc, Cassis en septembre, ça peut donner ça :

Cassis sept 2014

Fête du printemps, faites des photos !

  Nous y sommes : en mars, on charge sa batterie, on vide et reformate sa carte mémoire, et fatalement, arrive le moment où on se retrouve dehors à mitrailler comme un fou. Mes scènes de chasse photo en ce printemps 2014 méditerranéen s'apellent les extérieurs Est de Cassis, avec ses hauteurs, ce jardin exotique sub-tropical, le bout des anses rocheuses et leurs allures de fin du monde minéral et végétal, où la végétation a presque du mal à se faire de la place. Et les belles villas années 30 qui sont posées sur leurs rives semblent d'abord contempler du caillou, avant de pouvoir regarder la mer. Mais entre 2 sessions de prises de vue différentes dans cette ville, j'ai aussi parcouru avec bonheur et moult déclics l'anse de Fabrégas du Sud de la Seyne sur Mer, fascinante par son port de pointus stationnant tous sur des rails inclinés plongeant dans l'eau. Bien qu'elle ne s'étale que sur un modeste 500 m environ, j'y ai dévoré plus de 2 heures sans mesurer que tout ce temps avait totalement filé.

   Au passsage, les amateurs avertis verront l'empreinte caractéristique d'un nouveau zoom très grand angle sur certains clichés - à cette occasion, j'ai même réussi à faire ressortir la couleur brique d'un galet en laissant venir une promeneuse à chevelure de même nuance : pas banal.

   Pour visualiser tout cela, rendez-vous ici :

Anses de Corton et de l'Arène et leurs hauts
Anse de Fabrégas

Exposition photo et dédicace de livres à Bandol du 31 mars au 5 avril 2014

 Et bien nous y voici, cela devait bien arriver un jour : je vous invite à me rencontrer à l'occasion d'une exposition photos et séance de dédicace de livres première semaine d'avril 2014 à l'office du tourisme de Bandol.

  Outre des photos, encadrées ou non, extraites des livres photos, il y aura exposition d'inédits.

Du 31 mars au 5 avril 2014

Mardi 1 avril : dédicaces le matin, vernissage à 18h

Tout visiteur de ce site est d'avance bienvenu.

Expo photo 2

  En voici d'ailleurs des images ci-après (vive le très grand angle !). Très heureusement, j'avais le plasir d'une part de disposer de tout le hall d'accueil flambant neuf et très lumineux de l'office du tourisme, et en plus, d'être l'unique source de la décoration de ses murs. Un régal qui en a enchanté plus d'un.

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Couleurs en folie, vous aimez le dessin animé ?

 Je parcours le site d'un confrère, ou je fais des corrections automatiques de photos en jpg, et je suis impressionné par ce que je vois, et même, à certains moments, mal à l'aise et complexé. Les couleurs sont vraiment claquantes, et ces mêmes étendues marines prises par des confrères sont éblouissantes, presque phosphorescentes tellement, par exemple, leur vert turquoise clair ressort.

  Déjà, j'avais été alerté sur ce thème de boostage des couleurs se généralisant par 2 choses : le rendu des clichés du compact de mon épouse, dont les photos de voyage sont toujours plus vives, plus attirantes, plus séduisantes que les miennes, pourtant toujours prises au réflex ; et puis la transformation des photos, on ne peut pas utiliser un autre terme, lorsqu'on se sert de l'outil de correction automatique intégré à la visionneuse Windows 8. Là, ça relève carrément d'un seul impératif : "Adieu, tristesse" !

Alors, j'ai voulu en avoir le coeur net : et si ces résutats n'étaient qu'une tromperie, que le fruit d'une utilisation exagérée,voire déjantée, d'outils désormais classiques de correction numérique de photo ? Pour en être sûr, je me suis donc livré à un petit test. J'ai ressorti une photo dans mon logiciel de traitement, avec toutes les corrections à zéro. J'ai ensuite passé ce cliché par la moulinette de retouche standard de Windows, et, avec cette photo sous les yeux, j'ai travaillé le raw d'origine sous mon logiciel de retouche pro Dxo 9 pour approcher un résultat similaire.

  Et bien, pour arriver à cette équivalence, je peux vous dire qu'il faut "pousser les manettes"  des curseurs de réglage à des positions excessives, donnant des effets totalement artificiels, voire délirants. Ainsi, l'éclaicissement des tons foncés est poussé à son maximum dans mon système, pour arriver à la proposition Windows ; cela signifie donc que le sombre, les ombres importantes, cela n'existe pas dans ce monde de "réalité idéale" : fini l'obscurité et la tristesse, vous dis-je, les nouveaux maîtres de la représentation photographique ne jurent que par la lumière partout. Et puis, la couleur qui claque, ils aiment cela : mon curseur "saturation" qui les fait ressortir toutes a dû être poussé à 60, et celui de la vibrance, réservé aux couleurs claires, à 25. A ce stade, on sort de la retouche, on est dans le domaine du maquillage, façon clown prêt à faire son entrée sur la piste. J'ai également remarqué que le mode de traitement de cette logique faisait appel à une analyse et à un renforcement particulièrement soutenu de la couleur dominante, flagrante sur le rendu de rochers ocres, des arbres et de la végétation de la photo test : sans une brutale poussée de réglage de la balance/rouge vert à moins 2, impossible d'obtenir un rendu équivalent. Bien entendu, l'éclairement n'est pas en reste. L'ensemble de la scène est éclairci jusqu'à la frontière de la surexposition.

  Quand on a procédé à tout cela, on obtient une image choc, une image gifle même, tellement elle fait de l'effet au premier regard. Mais si on l'observe avec un peu de bon sens, on se dit que tout cela appartient au domaine du rêve. Des verts pareils pour le feuillage des pins parasols, c'est pour une publicité pour un parcours de golf ou pour une chaîne de jardinerie, ou pour du gazon anglais au printemps, mais pas dehors, en Provence, en n'importe quelle saison. Les rouges, les jaunes des maillots et des bouées devenus pétard, purs, en ont fini avec les taches et la patine de l'air marin, comme avec la décoloration au lavage des tissus. Quant aux rochers de la scène, je me demande s'ils ne brillent pas ou ne s'éclairent pas tous seuls, la nuit.Tout cela flatte l'oeil instantanément, ou pendant quelques furtives minutes d'observation, mais trompe, et lassera, choquera à moyen et long terme.

  Amis visiteurs, vous voilà donc prévenus. A vous de réagir, d'accepter ou non que l'on vous soumette ou vous propose du paysage, urbain ou en campagne, ou de l'illustration pour dessin animé, bande dessinée ou toute autre réalité très virtuelle. Et si les couleurs ici ou là vous semblent plus vives que vives, de la même manière que Coluche pointait le plus blanc que blanc, peut-être sera-t-il plus sage pour vous de passer votre chemin, refusant implicitement d'entrer dans un piège fait d'artifices.

  Et pour moi, les choses sont claires : la nature est suffisament belle pour qu'on n'ait pas à nous la vendre comme une prostituée outrageusement maquillée monnayant ses charmes.

  Ci-dessous, vous découvrirez, pour illustrer mon propos une photo standard, puis sa retouche en mode Windows, puis sa retouche exagérée pour l'imiter avec des curseurs très sollicités dans mon logiciel professionnel DxO, tel qu'évoqué plus haut.

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Ret  Imitation

 

La photo ne s'arrête plus à la tombée du jour

 Du temps de la photo argentique - il y a une grande décennie tout au plus -, la photo d'extérieur s'arrêtait juste après le coucher du soleil, ou alors imposait au photographe de prendre la forme d'un travailleur promenant une mini-grue ; pas question en effet de travailler autrement que sur un bon gros pied télescopique sur lequel visser l'appareil, car il n'y avait guère que les 800 iso de sensibilité de pellicule qui permettaient des clichés de qualité ; dans ces conditions, les vitesses d'obturation atteignaient rapidement plusieurs secondes, ce qui garantissait un vrai flou en cas de prise de vue en semi-obscurité, boîtier tenu à la main. Ou alors, à partir de 1600 iso, il fallait s'accomoder de granulation très particulière dans les tirages, et donc s'équiper de pellicules plutôt spécialisées et rares.

 Aujourd'hui, je lis que 6400 Iso est une valeur que ne craint pas vraiment le capteur d'un excellent boîtier numérique dernière génération tel celui du Sony A7R, ce qui signifie que, couplé à un objectif stabilisé, l'appareil permettra la photo à main levée, en ville et de nuit, exactement comme le pratique depuis toujours le touriste standard au pied de la tout de Pise dans le courant d'une belle journée de printemps. Finis donc les appareils photo solidement arrimés à un support avant de déclencher, ce qui limitait singulièrement le nombre de photos prise au cours d'une session, quand le photographe se devait de transporter aussi le dit support au même titre que tout son matériel.

 Mais j'avais aussi été frappé depuis quelques années par cette vertu du numérique à monter en Isos, couramment à 1600 et audacieusement à 3200, ce qui, allié à une plus grande ouverture de diaphragme programmée, réduisait le rôle du flash à un simple ajout ou apport presque noyé dans le reste des éclairages d'un intérieur : c'est comme cela qu'un photographe préserve ses bonnes relations avec son entourage lorqu'il le prend en photo, sinon, il transforme les visages amis en autant de superbes pleines lunes. Aussi, alors que je me baladais comme d'habitude sur les quais de mes villégiatures méditerranéennes favorites en fin d'été, je voyais arriver la nuit beaucoup plus vite, et à un moment je me suis dit "pourquoi ne pas essayer de continuer de nuit sous les 1600 ou les 3200 Isos, avec tous ces éclairages publics qui vont aider ?"

 Et le résultat est bien là, avec une ou deux très grande(s) photo(s) que je vous laisse le plaisir de découvrir par le lien sur la galerie ci-après, en vous promettant bien sûr une suite, surtout lorsque l'eau, par absence de vent la nuit, dort comme figée telle un miroir. Cela, même si cet exercice n'est pas si évident qu'il n'y paraît, car un miroir, pour qu'il soit beau, demande que quelque magicien de la vision ait prévu d'avance quelles belles images il sera successible de renvoyer, et dans quelles directions. 

Reflets de nuit

Le réflex du pro doit devenir de poche !

 Le matériel photo n'est pas un produit qui doit être spécialement sorti pour tel ou tel motif. Un bon appareil aujourd'hui, c'est celui qui permet de saisir le bon moment, au bon endroit, sans que l'emport du matériel ait auparavant donné lieu à la préparation d'une véritable expédition.

 C'est cette disposition qui m'avait conduit à avoir avec moi mon Nex 7 quasi de poche, me permettant une moisson de nouveaux clichés à l'occasion de visites de revendeurs, sur les bords des vieux ports de Cassis, La Ciotat et Bandol, sur la côte de Saint Cyr en cet été 2013. Pour cela, un zoom télescopique 16 - 50 utilisé aux bonnes focales ou le Sigma 19 mm monté sur le boîtier, et ces ensembles boîtier + une optique au choix font merveille tout en restant dans la limite des 500 g et de la dimension d'une grand poche de blouson.

 Le paysagiste, c'est un reporter de son environnement, surtout lorsqu'il est fou de belles lumières qui ne s'éternisent pas : une demi-heure de plus, et l'eau qui offrait de fantastiques reflets se trouble pour cause de vent qui se lève, de trafic bateau qui s'ébroue, de nuages pas prévus au programme, mais qui, néanmoins, s'y inscrivent sans avoir demandé votre permission. En conséquence, le reporter de paysage et de lumière doit être comme le scout dans le service : toujours prêt.

 Sinon, c'est que sa flamme s'est éteinte, sa passion s'est usée, il est grand temps pour lui de passer la main. Autant s'essayer à la cuisine, c'est à la mode et ça peut rapporter gros ; ou à la bourse : ça se joue dans un fauteuil, c'est physiquement sans exigence aucune, et l'on peut espérer de belles plus-values sans risques délirants. Et côté émotions, on peut être servi. Mais pour moi, les plus fortes sont parmi celles que j'ai eu à immortaliser ce que vous pouvez voir ici. Sans regret donc, ni pour la cuisine, ni pour la bourse.

Lien vers l'album des inédits de l'été 2013


Le vent du Nord, le grandiose et les falaises

 Quelles sont les premières qualités professionnelles d'un bon photographe paysagiste ?

 A cela, les réponses que tout le monde anticipe sont bien évidemment le sens de la composition, de la lumière, de la bonne exposition, de la maîtrise essentielle de valeurs de diaphragme, de focales et de vitesse - mon propre boîtier, lorsqu'au format APS C, étant rivé à f9 en mode priorité A (pour ouverture, élémentaire mon cher W. etc.), presque à l'instar d'une fixation de moule sur son rocher.

 Oui, mais pas seulement ajoute l'auteur-photographe. Faire un reportage dans les calanques, ou sur la ligne de crête du Bec de l'Aigle, c'est affronter les éléments ; et donc faire montre de grand sens de l'équilibre, et d'absence de vertige. Et de maîtrise de son pas. Car sur les roches plates des sentiers des calanques, surtout lorsqu'elles sont légèrement orientées vers le bas, ça glisse abominablement, même sur pierre parfaitement sèche.

 Mais ça, ça n'est rien. Emporté par mon élan, mon étude de carte, mon bel enthousisasme et ma planification inexorables qui s'imposent à moi sous la forme d'un évident "t'as qu'à aller là", me voici garé au pied de Notre Dame de la Garde à La Ciotat, puis grimpant le sentier raide qui passe au-dessus de cette gentille sentinelle dressée à l'Ouest de la ville sans doute pour arrêter son invasion par quelques menaçantes hordes de lapins de garrigue. J'arrive au sommet plat du rocher qui domine la chapelle, et là, je prends des rafales à 100 km/h en pleine face. Le Mistral rage, me contraignant à la posture peu glorieuse du promeneur pris de colique et recroquevillé, bien moins idéale que celle, cambrée et inspirée, de l'artiste délirant devant le sublime, cela pour ne pas me retrouver catapulté 100 m plus bas par un coup de vent.

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