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Exposition photo et dédicace de livres à Bandol du 31 mars au 5 avril 2014

 Et bien nous y voici, cela devait bien arriver un jour : je vous invite à me rencontrer à l'occasion d'une exposition photos et séance de dédicace de livres première semaine d'avril 2014 à l'office du tourisme de Bandol.

  Outre des photos, encadrées ou non, extraites des livres photos, il y aura exposition d'inédits.

Du 31 mars au 5 avril 2014

Mardi 1 avril : dédicaces le matin, vernissage à 18h

Tout visiteur de ce site est d'avance bienvenu.

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  En voici d'ailleurs des images ci-après (vive le très grand angle !). Très heureusement, j'avais le plasir d'une part de disposer de tout le hall d'accueil flambant neuf et très lumineux de l'office du tourisme, et en plus, d'être l'unique source de la décoration de ses murs. Un régal qui en a enchanté plus d'un.

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Couleurs en folie, vous aimez le dessin animé ?

 Je parcours le site d'un confrère, ou je fais des corrections automatiques de photos en jpg, et je suis impressionné par ce que je vois, et même, à certains moments, mal à l'aise et complexé. Les couleurs sont vraiment claquantes, et ces mêmes étendues marines prises par des confrères sont éblouissantes, presque phosphorescentes tellement, par exemple, leur vert turquoise clair ressort.

  Déjà, j'avais été alerté sur ce thème de boostage des couleurs se généralisant par 2 choses : le rendu des clichés du compact de mon épouse, dont les photos de voyage sont toujours plus vives, plus attirantes, plus séduisantes que les miennes, pourtant toujours prises au réflex ; et puis la transformation des photos, on ne peut pas utiliser un autre terme, lorsqu'on se sert de l'outil de correction automatique intégré à la visionneuse Windows 8. Là, ça relève carrément d'un seul impératif : "Adieu, tristesse" !

Alors, j'ai voulu en avoir le coeur net : et si ces résutats n'étaient qu'une tromperie, que le fruit d'une utilisation exagérée,voire déjantée, d'outils désormais classiques de correction numérique de photo ? Pour en être sûr, je me suis donc livré à un petit test. J'ai ressorti une photo dans mon logiciel de traitement, avec toutes les corrections à zéro. J'ai ensuite passé ce cliché par la moulinette de retouche standard de Windows, et, avec cette photo sous les yeux, j'ai travaillé le raw d'origine sous mon logiciel de retouche pro Dxo 9 pour approcher un résultat similaire.

  Et bien, pour arriver à cette équivalence, je peux vous dire qu'il faut "pousser les manettes"  des curseurs de réglage à des positions excessives, donnant des effets totalement artificiels, voire délirants. Ainsi, l'éclaicissement des tons foncés est poussé à son maximum dans mon système, pour arriver à la proposition Windows ; cela signifie donc que le sombre, les ombres importantes, cela n'existe pas dans ce monde de "réalité idéale" : fini l'obscurité et la tristesse, vous dis-je, les nouveaux maîtres de la représentation photographique ne jurent que par la lumière partout. Et puis, la couleur qui claque, ils aiment cela : mon curseur "saturation" qui les fait ressortir toutes a dû être poussé à 60, et celui de la vibrance, réservé aux couleurs claires, à 25. A ce stade, on sort de la retouche, on est dans le domaine du maquillage, façon clown prêt à faire son entrée sur la piste. J'ai également remarqué que le mode de traitement de cette logique faisait appel à une analyse et à un renforcement particulièrement soutenu de la couleur dominante, flagrante sur le rendu de rochers ocres, des arbres et de la végétation de la photo test : sans une brutale poussée de réglage de la balance/rouge vert à moins 2, impossible d'obtenir un rendu équivalent. Bien entendu, l'éclairement n'est pas en reste. L'ensemble de la scène est éclairci jusqu'à la frontière de la surexposition.

  Quand on a procédé à tout cela, on obtient une image choc, une image gifle même, tellement elle fait de l'effet au premier regard. Mais si on l'observe avec un peu de bon sens, on se dit que tout cela appartient au domaine du rêve. Des verts pareils pour le feuillage des pins parasols, c'est pour une publicité pour un parcours de golf ou pour une chaîne de jardinerie, ou pour du gazon anglais au printemps, mais pas dehors, en Provence, en n'importe quelle saison. Les rouges, les jaunes des maillots et des bouées devenus pétard, purs, en ont fini avec les taches et la patine de l'air marin, comme avec la décoloration au lavage des tissus. Quant aux rochers de la scène, je me demande s'ils ne brillent pas ou ne s'éclairent pas tous seuls, la nuit.Tout cela flatte l'oeil instantanément, ou pendant quelques furtives minutes d'observation, mais trompe, et lassera, choquera à moyen et long terme.

  Amis visiteurs, vous voilà donc prévenus. A vous de réagir, d'accepter ou non que l'on vous soumette ou vous propose du paysage, urbain ou en campagne, ou de l'illustration pour dessin animé, bande dessinée ou toute autre réalité très virtuelle. Et si les couleurs ici ou là vous semblent plus vives que vives, de la même manière que Coluche pointait le plus blanc que blanc, peut-être sera-t-il plus sage pour vous de passer votre chemin, refusant implicitement d'entrer dans un piège fait d'artifices.

  Et pour moi, les choses sont claires : la nature est suffisament belle pour qu'on n'ait pas à nous la vendre comme une prostituée outrageusement maquillée monnayant ses charmes.

  Ci-dessous, vous découvrirez, pour illustrer mon propos une photo standard, puis sa retouche en mode Windows, puis sa retouche exagérée pour l'imiter avec des curseurs très sollicités dans mon logiciel professionnel DxO, tel qu'évoqué plus haut.

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Ret  Imitation

 

La photo ne s'arrête plus à la tombée du jour

 Du temps de la photo argentique - il y a une grande décennie tout au plus -, la photo d'extérieur s'arrêtait juste après le coucher du soleil, ou alors imposait au photographe de prendre la forme d'un travailleur promenant une mini-grue ; pas question en effet de travailler autrement que sur un bon gros pied télescopique sur lequel visser l'appareil, car il n'y avait guère que les 800 iso de sensibilité de pellicule qui permettaient des clichés de qualité ; dans ces conditions, les vitesses d'obturation atteignaient rapidement plusieurs secondes, ce qui garantissait un vrai flou en cas de prise de vue en semi-obscurité, boîtier tenu à la main. Ou alors, à partir de 1600 iso, il fallait s'accomoder de granulation très particulière dans les tirages, et donc s'équiper de pellicules plutôt spécialisées et rares.

 Aujourd'hui, je lis que 6400 Iso est une valeur que ne craint pas vraiment le capteur d'un excellent boîtier numérique dernière génération tel celui du Sony A7R, ce qui signifie que, couplé à un objectif stabilisé, l'appareil permettra la photo à main levée, en ville et de nuit, exactement comme le pratique depuis toujours le touriste standard au pied de la tout de Pise dans le courant d'une belle journée de printemps. Finis donc les appareils photo solidement arrimés à un support avant de déclencher, ce qui limitait singulièrement le nombre de photos prise au cours d'une session, quand le photographe se devait de transporter aussi le dit support au même titre que tout son matériel.

 Mais j'avais aussi été frappé depuis quelques années par cette vertu du numérique à monter en Isos, couramment à 1600 et audacieusement à 3200, ce qui, allié à une plus grande ouverture de diaphragme programmée, réduisait le rôle du flash à un simple ajout ou apport presque noyé dans le reste des éclairages d'un intérieur : c'est comme cela qu'un photographe préserve ses bonnes relations avec son entourage lorqu'il le prend en photo, sinon, il transforme les visages amis en autant de superbes pleines lunes. Aussi, alors que je me baladais comme d'habitude sur les quais de mes villégiatures méditerranéennes favorites en fin d'été, je voyais arriver la nuit beaucoup plus vite, et à un moment je me suis dit "pourquoi ne pas essayer de continuer de nuit sous les 1600 ou les 3200 Isos, avec tous ces éclairages publics qui vont aider ?"

 Et le résultat est bien là, avec une ou deux très grande(s) photo(s) que je vous laisse le plaisir de découvrir par le lien sur la galerie ci-après, en vous promettant bien sûr une suite, surtout lorsque l'eau, par absence de vent la nuit, dort comme figée telle un miroir. Cela, même si cet exercice n'est pas si évident qu'il n'y paraît, car un miroir, pour qu'il soit beau, demande que quelque magicien de la vision ait prévu d'avance quelles belles images il sera successible de renvoyer, et dans quelles directions. 

Reflets de nuit

Le vent du Nord, le grandiose et les falaises

 Quelles sont les premières qualités professionnelles d'un bon photographe paysagiste ?

 A cela, les réponses que tout le monde anticipe sont bien évidemment le sens de la composition, de la lumière, de la bonne exposition, de la maîtrise essentielle de valeurs de diaphragme, de focales et de vitesse - mon propre boîtier, lorsqu'au format APS C, étant rivé à f9 en mode priorité A (pour ouverture, élémentaire mon cher W. etc.), presque à l'instar d'une fixation de moule sur son rocher.

 Oui, mais pas seulement ajoute l'auteur-photographe. Faire un reportage dans les calanques, ou sur la ligne de crête du Bec de l'Aigle, c'est affronter les éléments ; et donc faire montre de grand sens de l'équilibre, et d'absence de vertige. Et de maîtrise de son pas. Car sur les roches plates des sentiers des calanques, surtout lorsqu'elles sont légèrement orientées vers le bas, ça glisse abominablement, même sur pierre parfaitement sèche.

 Mais ça, ça n'est rien. Emporté par mon élan, mon étude de carte, mon bel enthousisasme et ma planification inexorables qui s'imposent à moi sous la forme d'un évident "t'as qu'à aller là", me voici garé au pied de Notre Dame de la Garde à La Ciotat, puis grimpant le sentier raide qui passe au-dessus de cette gentille sentinelle dressée à l'Ouest de la ville sans doute pour arrêter son invasion par quelques menaçantes hordes de lapins de garrigue. J'arrive au sommet plat du rocher qui domine la chapelle, et là, je prends des rafales à 100 km/h en pleine face. Le Mistral rage, me contraignant à la posture peu glorieuse du promeneur pris de colique et recroquevillé, bien moins idéale que celle, cambrée et inspirée, de l'artiste délirant devant le sublime, cela pour ne pas me retrouver catapulté 100 m plus bas par un coup de vent.

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