Photos inédites

Le réflex du pro doit devenir de poche !

 Le matériel photo n'est pas un produit qui doit être spécialement sorti pour tel ou tel motif. Un bon appareil aujourd'hui, c'est celui qui permet de saisir le bon moment, au bon endroit, sans que l'emport du matériel ait auparavant donné lieu à la préparation d'une véritable expédition.

 C'est cette disposition qui m'avait conduit à avoir avec moi mon Nex 7 quasi de poche, me permettant une moisson de nouveaux clichés à l'occasion de visites de revendeurs, sur les bords des vieux ports de Cassis, La Ciotat et Bandol, sur la côte de Saint Cyr en cet été 2013. Pour cela, un zoom télescopique 16 - 50 utilisé aux bonnes focales ou le Sigma 19 mm monté sur le boîtier, et ces ensembles boîtier + une optique au choix font merveille tout en restant dans la limite des 500 g et de la dimension d'une grand poche de blouson.

 Le paysagiste, c'est un reporter de son environnement, surtout lorsqu'il est fou de belles lumières qui ne s'éternisent pas : une demi-heure de plus, et l'eau qui offrait de fantastiques reflets se trouble pour cause de vent qui se lève, de trafic bateau qui s'ébroue, de nuages pas prévus au programme, mais qui, néanmoins, s'y inscrivent sans avoir demandé votre permission. En conséquence, le reporter de paysage et de lumière doit être comme le scout dans le service : toujours prêt.

 Sinon, c'est que sa flamme s'est éteinte, sa passion s'est usée, il est grand temps pour lui de passer la main. Autant s'essayer à la cuisine, c'est à la mode et ça peut rapporter gros ; ou à la bourse : ça se joue dans un fauteuil, c'est physiquement sans exigence aucune, et l'on peut espérer de belles plus-values sans risques délirants. Et côté émotions, on peut être servi. Mais pour moi, les plus fortes sont parmi celles que j'ai eu à immortaliser ce que vous pouvez voir ici. Sans regret donc, ni pour la cuisine, ni pour la bourse.

Lien vers l'album des inédits de l'été 2013


Le vent du Nord, le grandiose et les falaises

 Quelles sont les premières qualités professionnelles d'un bon photographe paysagiste ?

 A cela, les réponses que tout le monde anticipe sont bien évidemment le sens de la composition, de la lumière, de la bonne exposition, de la maîtrise essentielle de valeurs de diaphragme, de focales et de vitesse - mon propre boîtier, lorsqu'au format APS C, étant rivé à f9 en mode priorité A (pour ouverture, élémentaire mon cher W. etc.), presque à l'instar d'une fixation de moule sur son rocher.

 Oui, mais pas seulement ajoute l'auteur-photographe. Faire un reportage dans les calanques, ou sur la ligne de crête du Bec de l'Aigle, c'est affronter les éléments ; et donc faire montre de grand sens de l'équilibre, et d'absence de vertige. Et de maîtrise de son pas. Car sur les roches plates des sentiers des calanques, surtout lorsqu'elles sont légèrement orientées vers le bas, ça glisse abominablement, même sur pierre parfaitement sèche.

 Mais ça, ça n'est rien. Emporté par mon élan, mon étude de carte, mon bel enthousisasme et ma planification inexorables qui s'imposent à moi sous la forme d'un évident "t'as qu'à aller là", me voici garé au pied de Notre Dame de la Garde à La Ciotat, puis grimpant le sentier raide qui passe au-dessus de cette gentille sentinelle dressée à l'Ouest de la ville sans doute pour arrêter son invasion par quelques menaçantes hordes de lapins de garrigue. J'arrive au sommet plat du rocher qui domine la chapelle, et là, je prends des rafales à 100 km/h en pleine face. Le Mistral rage, me contraignant à la posture peu glorieuse du promeneur pris de colique et recroquevillé, bien moins idéale que celle, cambrée et inspirée, de l'artiste délirant devant le sublime, cela pour ne pas me retrouver catapulté 100 m plus bas par un coup de vent.

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